Octobre 2015, N’Djamena a abrité un séminaire gouvernemental pour examiner un plan d’urgence pour rechercher des voies et moyens de mobiliser les ressources publiques et rationaliser des dépenses de l’Etat tchadien. La déchirure dans les mailles du tissu économique du pays se fait sentir depuis des années,  ce fameux séminaire, un aveu à la culpabilité qui vient confirmer simplement ce que les tchadiens vivent.

Partout en Afrique les peuples se lèvent et revendiquent leur droit. Au Tchad, la majorité de la population ne se sent pas concernée par le projet de développement, le projet de la bonne gouvernance et de la démocratie laissant ainsi une frange d’individus pillés toute la richesse du pays.

On n’a pas besoin d’une loupe pour savoir qu’au Tchad les ressources de l’Etat sont destinées à des fins personnelles de certains individus, plus riches que l’Etat lui-même. Ainsi donc, le pays est prit en otage par un petit groupe d’individu, qui pille tout sur son passage.

L’objectif premier du séminaire qui s’est tenu à N’Djamena était de canaliser les recettes du trésor public qui semble se trouver miraculeusement dans les trésors privés dans le trésor public. Quel paradoxe ? Comment se fait-il que l’argent de l’Etat se retrouve dans les comptes de certains individus ? Et pourquoi seulement maintenant que l’Etat s’est rendu compte ?

Et le second objectif n’est rien d’autre que de rationaliser les dépenses de l’Etat, c’est-à-dire limiter les dégâts en empêchant à certains ministères de vivre au dessus de leur moyen…

La question que l’on se pose est simple, pourquoi toutes les recettes ne partaient pas au trésor public ? Et qui nomme les responsables des grandes institutions financières au Tchad ?

C’est ici que le Président de la république est interpellé. Lorsqu’une personne n’est pas à la hauteur des tâches qu’elle est censée exécutées, il faut la changer. C’est simple.

Lors des festivités du 1er décembre 2014, le président Deby avait clamé haut et fort : « Commerçants, fonctionnaires… s’il vous plait arrêtez de voler. Vous avez beaucoup volé ». Il le savait pourtant.

La mamelle de l’économie de nombreux pays qui ont pour ambition le développement est la douane. Qu’est-il de la nôtre ? Confiée au frère cadet du Président de la République, qui en fait son grenier. Un intouchable qui brille par ses méthodes peu  orthodoxe. Il règne en main de fer sur l’une des plus grandes institutions financières du pays. Sans rendre de compte à personne, pas même à son frère aîné.

« Son Excellence » Salay Deby Itno, le petit frère du Président de la République du Tchad, ne vole non seulement l’argent des contribuables tchadiens, mais en amasse. Le pouvoir, c’est Dieu qui en donne !  Et lui, a eu la chance d’être « bien né ». Toutes les recettes de la douane prennent une direction inconnue. L’homme est connu de tous au Tchad, qualifié du « Voleur National » par un journal de la place. Il sème la terreur dans le milieu de la presse tchadienne. Il fait arrêté et torturé tout journaliste qui ose écrire un article sur sa mauvaise gestion à la tête de la douane. Plus riche que l’Etat tchadien, Salay Deby n’est pas inquiété. Il est là et le pays est à genoux face à cette crise financière qui sévit au Tchad.

Comment peut-on imaginé qu’un pays comme le Tchad n’ait pas une compagnie aérienne digne de ce nom ? Mystère ! Le fils du Président de la République en était le tenancier. La compagnie nationale aérienne Toumaï air Tchad était la propriété de Zakaria Deby Itno. Le « Fils » faisait tout ce que bon lui semblait avec les fonds de cette compagnie, jusqu’à ce qu’il quitte la direction de cette compagnie qui peine à se relever…

Et demain le Tchad ?  Demain c’est nos enfants et nos petits enfants des nous les pauvres qui rembourseront les dettes du système économique international contracté au nom du peuple tchadien, puis dilapidé par le régime en place et par les Itno.

Les tchadiens demeurent pauvres, extrêmement pauvres. Car cela aide les voleurs de la République à aller chanter nos misères auprès des institutions financières internationales, que les tchadiens ont faim pour s’enrichir à leur tour.

Il y a toute une mal-gouvernance, de la corruption, des scandales financiers. Le pays est dans une morosité totale, les gens en ont ras le bol au Tchad, dans les foyers, il y a des grincements de dents mais le pouvoir a réussi à faire taire toutes les couches sociales, à corrompre tout le monde. Personne ne parle, les partis politiques de l’opposition sont malheureusement dans l’opposition de figuration. Ils n’ont jamais su vraiment faire face aux dérives économiques, politiques, sociales et militaires de Deby. Entre temps, c’est le peuple qui paie le prix !